Bientôt Noël : votre psychologue vous informe et vous donne des conseils !

Image illustrant Bientôt Noël : votre psychologue vous informe et vous donne des conseils ! 16/12/2018

Certains membres de l'équipe du Cabinet paramédical des Gayeulles de Rennes ont préparé des articles, qui sont publiés chaque dimanche avant Noël, en lien avec leurs professions mais aussi, bien évidemment, en lien avec la période des fêtes.

Pour la troisième semaine, Audrey BRUN, psychologue et psychothérapeute, vous parle de certaines problématiques liées à Noël et vous donne des conseils et des idées pour essayer de passer au mieux cette période qui n'est pas toujours facile à appréhender.

 

Nombreux sont les patients qui livrent des confessions anti-Noël au sein des cabinets de psychologues. On constate, d'ailleurs, une recrudescence des prises de rendez-vous après les fêtes. Noël peut raviver des mauvais souvenirs, des dissensions entre les parents, la pauvreté, le sentiment de solitude...

Pour certains, le problème vient d'une incapacité à lâcher prise et profiter de la fête : Noël demande de faire une trêve avec son quotidien. Les rationnels et pragmatiques anticipent le retour à la vie active : ils ne voient aucun intérêt à s'arrêter alors qu'il faudra se reprendre ses obligations deux jours après. Sans compter les enfants éparpillés aux quatre coins du pays et qui, chaque année, parcourent des kilomètres pour retrouver les leurs au moment de Noël.

Le phénomène se confirme à l'échelle nationale. Selon les chiffres d'un sondage Opinionway par Amaguiz publié en 2016, plus d'un tiers des Français décrivent Noël comme "une obligation qu'ils redoutent". La peur de Noël est si courante qu'on en a fait un néologisme : la natalophobie. En cause : les longs trajets en voiture et la prise de poids, qui préoccupent respectivement 22 et 30% des Français ; la course aux cadeaux de Noël présente également une vive source de stress voire une corvée pour les Français ; mais ce sont les tensions familiales qui figurent en tête des sources d'angoisse de Noël (36%). 

 

 

  • Les Noëls en famille :

 

Pour beaucoup, le vécu à Noël est celui du manque, de la tristesse, du sentiment d'infériorité, alors que Noël est censé être synonyme de chaleur ou de tendresse. Parmi les problèmes avancés, figurent en particulier le rapport aux parents et la rivalité entre frères et soeurs. Pour les angoissés de Noël, cette réunion familiale représente aussi la perspective d'un bilan forcé sur soi-même, de devoir se justifier de sa situation amoureuse, professionnelle et personnelle devant des personnes auxquelles on n'a pas toujours choisi d'être lié.

Noël c’est donc aussi les retrouvailles avec la famille, une sphère d’émotions et de sentiments pas toujours bienveillants. Ces émotions refoulées en pétrifient certains : peu importe l’âge que l’on a, à table au milieu de toute sa famille, on se retrouve comme en enfance. Si les gens n’ont pas fait leur propre introspection, les paramètres n’ont pas changé. Alors parfois, les enjeux restent les mêmes et les tensions familiales peuvent refaire surface. Certains revivent les humiliations du passé.

Le problème, c'est que Noël est à la fois omniprésent – dans la rue, dans les dialogues avec ses collègues, à la télévision, sur internet, sur les réseaux sociaux... – et perçu comme un rendez-vous familial obligatoire. Si la source de cette angoisse est bénigne, que Noël n'est au final qu'un "mauvais" moment à passer avec des proches avec lesquels on a peu d'affinités, la meilleure option est de faire le tri entre ce qui est important et ce qui l'est moins. Cela implique de débrancher momentanément les relations toxiques que l'on peut parfois avoir avec sa famille. 

 

 

  • La solitude à Noël et les états dépressifs hivernaux :

 

Certaines personnes se retrouvent seules, sans personne avec qui passer ces moments censés être des instants de bonheur avec les siens, que ce soit parce qu'elles vivent loin de leurs proches et qu'elles ne peuvent pas se déplacer, ou parce qu'elles n'ont plus personne dans leur vie.

C'est pourquoi, Noël peut provoquer un profond sentiment de vide, de tristesse et de mélancolie. Ces sensations prennent, alors, toute la place et se substituent au caractère joyeux des fêtes de fin d'année. En revanche, il existe des stratégies que l'on peut mettre en place pour ne pas tomber dans la dépression.

Les fêtes de fin d'année sont redoutées par ceux qui ont déjà une tendance dépressive, et cela s'accroit en fonction des circonstances de la vie : mauvaises relations avec l'entourage, solitude, veuvage, nouvelle configuration familiale imposée par la dégradation d'un proche.

Ces personnes décrivent une sensation d'oppression diffuse, des regrets, une impression de gâchis.

Les fêtes de fin d'année ne sont pas l'unique cause de cet état. Sont en cause également des aspects :

  1. somatiques : ralentissement du métabolisme, manque de vitamine D, appétit augmenté, sommeil plus long et/ou plus lourd...
  2. saisonniers : journées plus courtes, manque de luminosité. Il faut souligner que l'hiver est une période qui favorise le fait de broyer du noir. Ce type de déprime apparaît souvent dès le mois d'octobre pour disparaître avec l'arrivée des beaux jours.
  3. psychologiques : moral et énergie diminuent, exacerbation des problèmes personnels. Les fêtes de fin d'année sont synonymes de regroupements familiaux. Ces retrouvailles peuvent donner lieu à des frictions et raviver d'anciennes querelles. De plus, ces réunions traditionnelles peuvent réveiller les douleurs liées à un événement qui a modifié la composition du foyer (deuil, divorce…). Mais si voir sa famille peut parfois être source de tension, à l'inverse, passer Noël seul est souvent bien plus difficile. La solitude au moment des fêtes est l'un des principaux facteurs déclenchants de la dépression.
  4. cycliques : la fin d'année est souvent l'occasion de faire un bilan, de prendre de nouvelles résolutions pour la nouvelle année. Mais ce n’est pas le moment de tout régler. Il faut plutôt se demander ce qu’on fera cette année pour que ça aille mieux au prochain Noël. Il serait possible d’atténuer les risques de retomber en dépression à l’approche des fêtes, à condition de se préparer en analysant les raisons qui rendent ces fêtes tristes. Ce serait l'occasion de se poser quelques questions : Que représente Noël pour moi ? Pourquoi est-ce une période difficile ? Est-ce que je me crée trop d’attentes ? Est-ce que je me fixe des objectifs réalistes ?

La déprime qui s'installe pour quelque temps peut ressembler de près à la dépression vraie : tristesse, perte des envies et du plaisir, fatigue, insomnies ou autres troubles du sommeil… Cela peut aller jusqu'à des envies de mourir. Il peut aussi s'agir d'une dépression vraie qui s'aggrave à l'approche des fêtes.

 

 

  • Quelques idées et solutions :

 

Dans les cas où Noël est dur à vivre pour des raisons plus profondes, alors il ne faut pas hésiter à démarrer un travail sur soi-même pour déterminer ces raisons, dans un premier temps, et réagir dans un second temps. 

En termes de réactions, on peut très bien finir par décider de ne pas assister au prochain repas de Noël : dans la mesure où la stratégie de l'évitement nous fait du bien, il n'y a pas de raisons de s'en priver et il n'y a aucun jugement à porter à cette décision. Autre solution : transformer la fête de Noël en osant en parler et en tentant d'imposer ses propres termes du contrat. Quant aux angoisses de perfection, revoir ses exigences à la baisse et faire preuve d'indulgence envers soi-même peut être une bonne solution.

Certains choisissent d'annuler les Noëls connus pendant l'enfance en se réappropriant le moment. Ils choisissent de se concentrer sur la valeur religieuse ou organisent simplement un repas entre amis. Chaque année, d'autres fêtent aussi Noël avec les plus démunis dans des associations. Une façon noble d'annoncer à sa famille qu'on ne viendra pas. La pratique de l'altruisme peut permettre de ressentir une satisfaction personnelle importante parce que l'on se sent utile pour les autres et que cela permet de revaloriser ce que l'on a déjà en se confrontant à ce que d'autres n'ont jamais eu. Aider les autres peut être une source de joie.

 

Lorsque la solitude est au premier plan, l'idée sera de surpasser la nostalgie, se changer les idées et de changer d'ambiance. Faire un voyage, connaître des lieux différents, que l'on a toujours voulu visiter, même dans notre propre ville : voilà d'excellentes opportunités pour s'éloigner de son environnement quotidien et de ses habitudes, où s'accumulent les souvenirs qui, en période de Noël, peuvent être trop douloureux à supporter, en particulier s'ils concernent des personnes qui ne sont plus là.

Changer d'air permet également de diminuer l'anxiété et de centrer son attention sur les nombreuses aventures à vivre et les nouvelles découvertes à faire, en particulier toutes ces choses que l'on n'avait pas osé faire avant. Quoi qu'il en soit, il ne faut surtout pas s'enfermer dans cette tristesse car, se laisser aller à n'avoir que des idées noires ne fait qu'augmenter les difficultés et la douleur. N'hésitez pas à commencer de nouvelles activités, qui vous permettront d'entamer de nouvelles relations avec des personnes qui sont dans une situation similaire.

Allez au cinéma, promenez-vous, faites les magasins, essayez une nouvelle recette, mettez-vous à tricoter, à faire du bricolage, lisez un bon livre, faites de l'exercice : occupez-vous en vous faisant plaisir, maintenez votre esprit occupé et pensez que Noël, ce ne sont que quelques jours qui, finalement, passent très vite.

La relation sociale est un facteur protecteur. Nous sommes des êtres qui supportons mal la solitude ! N'hésitons pas, si nous connaissons des personnes seules, à prendre de leurs nouvelles, à les solliciter, à leur parler, et pourquoi pas, à les inviter à notre table.

 

 

  • Prise de rendez-vous avec votre psychologue :

 

Si ces stratégies ne fonctionnent pas pour vous ou si votre situation ne vous permet pas de vous en sortir seul, n'oubliez pas que vous pouvez consulter un psychologue pour trouver une solution qui vous convient.

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Audrey BRUN, votre psychologue et psychothérapeute, au 06.42.77.65.49 ou en allant sur ce lien : https://www.clicrdv.com/audrey-brun